COURS DCG · UE 6

Une entreprise peut être rentable et manquer de trésorerie. Le bilan fonctionnel aide à comprendre cette situation en reliant financement durable, investissements et cycle d’exploitation. Au DCG UE 6, calculer le FRNG, le BFR et la trésorerie nette n’est que la première étape : il faut expliquer leur articulation.
1. Le fonds de roulement net global
Le FRNG représente l’excédent des ressources stables sur les emplois stables dans le bilan fonctionnel. Il indique la part des financements durables restant disponible après le financement des investissements.
FRNG = ressources stables − emplois stables.
Le calcul suppose d’avoir correctement retraité le bilan selon la méthode demandée. Les emplois stables sont généralement considérés pour leur valeur brute dans l’approche fonctionnelle, tandis que les amortissements et dépréciations participent aux ressources stables. Il ne faut pas mélanger un bilan fonctionnel avec un bilan financier établi selon d’autres conventions.
2. Le besoin en fonds de roulement
Le BFR vient des décalages entre les flux liés à l’activité. Les stocks mobilisent des ressources et les clients peuvent payer après la vente. Les dettes d’exploitation, notamment envers les fournisseurs, contribuent en sens inverse au financement du cycle.
Dans un cas commercial simplifié limité à trois postes : BFR = stocks + créances clients − dettes fournisseurs. Dans une analyse complète, on intègre les autres actifs et passifs circulants concernés, hors trésorerie, et l’on distingue souvent exploitation et hors exploitation.
3. Relier les deux soldes à la trésorerie
Trésorerie nette = FRNG − BFR = trésorerie active − trésorerie passive.
Un FRNG positif ne garantit donc pas une trésorerie positive. Il peut être insuffisant pour couvrir un besoin d’exploitation plus élevé. À l’inverse, certains modèles d’activité encaissent rapidement leurs clients et paient leurs fournisseurs plus tard, ce qui peut produire un BFR négatif.
Exercice corrigé
Une entreprise fictive présente, après retraitements, 180 000 € de ressources stables et 140 000 € d’emplois stables. Ses stocks valent 35 000 €, ses créances clients 45 000 € et ses dettes fournisseurs 30 000 €. L’énoncé suppose qu’il n’existe aucun autre poste de BFR.
| Solde | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| FRNG | 180 000 − 140 000 | 40 000 € |
| BFR | 35 000 + 45 000 − 30 000 | 50 000 € |
| Trésorerie nette | 40 000 − 50 000 | −10 000 € |
Les financements durables couvrent les emplois stables, mais il manque 10 000 € pour financer entièrement le cycle. Si les disponibilités sont de 5 000 €, la trésorerie passive doit être de 15 000 € pour retrouver la trésorerie nette calculée.
4. Interpréter une évolution
Supposons que les créances clients augmentent de 12 000 € sans autre changement. Le BFR passe à 62 000 € et la trésorerie nette à −22 000 €. La hausse des ventes peut ainsi absorber des liquidités lorsque les encaissements sont décalés.
Le diagnostic doit examiner les délais clients, la rotation des stocks, les conditions fournisseurs et la saisonnalité. Un solde arrêté à une date ne décrit pas forcément toute l’année. Réduire un stock utile ou retarder excessivement un paiement peut également créer d’autres difficultés.
Les erreurs qui coûtent des points
- Inclure la banque dans le BFR puis la compter une seconde fois dans la trésorerie.
- Confondre bénéfice comptable et disponibilités.
- Appliquer la formule à des postes non retraités sans lire l’énoncé.
- Conclure sur la solvabilité à partir d’un seul indicateur isolé.
Pour approfondir : Bpifrance Création — comprendre le BFR.
