LICENCE PHILOSOPHIE · COURS ET ARGUMENTATION

Une action conforme à une règle peut être accomplie par intérêt, par inclination ou par devoir. Kant invite à distinguer ces motivations pour comprendre la valeur morale d’une action. Ce cours de philosophie explique la maxime, l’impératif catégorique et l’autonomie à partir d’un exemple précis.
1. Agir conformément au devoir ou par devoir
Un commerçant peut pratiquer un prix honnête afin de conserver ses clients. Son action est conforme à ce que le devoir exige, mais cet exemple ne permet pas d’affirmer qu’elle est accomplie par devoir : son mobile peut rester l’intérêt commercial.
Agir par devoir signifie agir parce que l’on reconnaît l’exigence de la loi morale, et non seulement parce que l’action procure un avantage. Cette distinction porte sur le principe de la volonté. Elle ne signifie pas qu’une action devient mauvaise dès qu’elle procure aussi du plaisir.
2. Ce qu’est une maxime
Une maxime est le principe subjectif selon lequel un agent se propose d’agir. Pour l’examiner, il faut préciser la situation, l’action envisagée et le but poursuivi. « Quand je manque d’argent, je fais une promesse que je ne compte pas tenir afin d’obtenir un prêt » constitue ainsi une maxime identifiable.
La maxime n’est pas la description de tout un événement. Elle fait apparaître la règle pratique que l’on se donne. Mal la formuler rend ensuite le test moral trop vague ou artificiellement favorable.
3. Impératif hypothétique et catégorique
Un impératif hypothétique prescrit un moyen sous la condition d’une fin : si tu veux atteindre tel objectif, accomplis telle action. L’exigence dépend alors de l’objectif adopté.
L’impératif catégorique exprime au contraire une exigence inconditionnelle de la raison pratique. Dans sa formulation de l’universalité, il conduit à examiner si la maxime de l’action peut être voulue comme loi universelle. Il ne s’agit pas de demander seulement si l’action plaît à la majorité.
4. Exemple corrigé : la promesse mensongère
Reprenons la maxime du faux emprunteur. Si promettre sans intention de tenir sa parole devenait une règle universelle, la confiance qui rend la promesse efficace serait détruite. L’agent veut utiliser une pratique tout en adoptant un principe qui, universalisé, ruine cette pratique.
Le problème n’est donc pas uniquement le risque d’être découvert ou la perte de réputation. Il se situe dans la contradiction de la maxime soumise à l’universalisation. Une analyse kantienne doit reconstruire ce raisonnement, au lieu de s’arrêter aux conséquences gênantes pour l’auteur du mensonge.
5. Respecter la personne comme fin
Une autre formulation de l’impératif demande de traiter l’humanité, en soi comme en autrui, toujours aussi comme une fin et jamais simplement comme un moyen. Coopérer avec quelqu’un implique souvent d’utiliser ses compétences ; ce qui est exclu, c’est de le réduire à un simple instrument en ignorant sa capacité à poursuivre et à examiner ses propres fins.
La fausse promesse empêche le prêteur de consentir à la situation réelle : il décide à partir d’une intention qu’on lui dissimule. Cet exemple permet de relier l’exigence d’universalité au respect de la personne.
6. L’autonomie n’est pas le caprice
Chez Kant, l’autonomie désigne la capacité de la volonté rationnelle à se donner la loi morale. Elle ne signifie pas inventer une règle selon son humeur. L’hétéronomie apparaît lorsque le principe déterminant dépend d’un objet désiré ou d’un avantage extérieur à cette législation rationnelle.
Pour un devoir de licence, articule les notions : maxime, universalisation, devoir et autonomie. Tu peux ensuite discuter une difficulté, par exemple la formulation des maximes ou la place des conséquences, en distinguant clairement l’objection de la thèse que tu exposes.
Pour approfondir : Kant — Fondements de la métaphysique des mœurs.
