Tu galères avec l’histoire de la pensée économique ? Normal. Entre Aristote, Smith, Marx et Keynes, ça fait beaucoup de noms à caser en 12 semaines de cours. Cette fiche te donne l’essentiel : les grands courants, les auteurs phares, les dates clés et les citations qui font mouche en copie. Objectif : t’éviter la noyade au partiel.
Cette matière pèse souvent 3 à 6 ECTS selon les facs. Une mauvaise note ici peut coûter cher à ta moyenne semestrielle. Et comme 60% des étudiants ratent leur L1, autant mettre toutes les chances de ton côté.
Pourquoi cette matière est incontournable en L1
L’histoire de la pensée économique est une discipline importante dans l’étude des sciences économiques car elle permet de faire le lien entre les théories et les fondements idéologiques des théoriciens ainsi que le contexte de l’élaboration de la théorie. Elle permet également de comprendre l’interdépendance de l’économie et des autres sphères de la société.
Traduction : sans ce socle, tu ne comprends rien à la macroéconomie ni à la microéconomie, et encore moins aux débats actuels sur l’inflation ou la dette publique. L’histoire de la pensée économique constitue le premier chapitre d’ESH. Ce premier chapitre est absolument déterminant pour la suite.
Les précurseurs : de l’Antiquité au Moyen Âge
Avant Adam Smith, l’économie n’existe pas comme discipline autonome. Elle est un sous-champ de la philosophie morale et du droit.
- Aristote (IVe s. av. J.-C.) : il aborde trois questions économiques : la distinction entre la valeur d’usage et la valeur d’échange, la nature de la monnaie et le prêt à intérêt.
- Saint Thomas d’Aquin (XIIIe s.) : l’église catholique reprend cette pensée qui dominera le monde occidental jusqu’à la fin du Moyen-âge. La condamnation de l’intérêt, et donc du prêt à intérêt, est une constante de la foi catholique et de l’islam.
- Ibn Khaldûn (XIVe s.) : il fait des dépenses publiques un rouage important du circuit économique. Il met l’accent sur le rôle moteur de la demande de l’État dans le circuit économique. Un précurseur de Keynes, 600 ans avant !
Les mercantilistes (XVIe-XVIIIe siècle)
Cette doctrine est née en Espagne et au Portugal à la fin du 16ème siècle, au temps des grandes conquêtes. Elle est à son apogée en France au 17ème siècle.
Idée centrale : la richesse d’une nation se mesure à son stock de métaux précieux. L’État doit donc favoriser les exportations et limiter les importations.
- Mercantilisme français (colbertisme) : Barthélemy de Laffemas, Colbert et Vauban misent sur l’industrie et les manufactures royales.
- Mercantilisme anglais (commercialisme) : l’idée fondamentale est que le commerce extérieur est la clé de la richesse des nations par l’abondance des monnaies. Ses représentants les plus célèbres sont Thomas Mun, William Petty, Josiah Child.
Les physiocrates : la terre source de toute richesse
Elle naît en 1758 avec le Tableau économique attribué à Quesnay. Le terme Physiocratie est inventé en 1767 par Dupont de Nemours à partir des mots grecs physis (nature) et cratos (force ou puissance), et il est traduit par gouvernement de la nature. L’école des Physiocrates dure moins de vingt ans, mais elle demeure fondamentale dans l’histoire de la pensée économique.
À retenir : François Quesnay et son Tableau économique (1758), premier modèle de circuit économique. Slogan : « laissez faire, laissez passer ».
L’école classique : Smith, Ricardo, Malthus, Say
C’est LE courant à maîtriser pour ton partiel. Il naît en 1776 avec la publication de La Richesse des Nations d’Adam Smith.
- Adam Smith (1723-1790) : main invisible, division du travail (exemple célèbre de la manufacture d’épingles, productivité ×240). La pensée de Smith s’inscrit dans le contexte de la Révolution industrielle en Angleterre. Smith défend la faculté autorégulatrice du marché.
- David Ricardo (1772-1823) : théorie des avantages comparatifs (exemple drap/vin Angleterre-Portugal), rente différentielle, loi des rendements décroissants.
- Thomas Malthus (1766-1834) : Essai sur le principe de population (1798). Population en progression géométrique, ressources en progression arithmétique.
- Jean-Baptiste Say (1767-1832) : loi des débouchés — « toute offre crée sa propre demande ».
- John Stuart Mill (1806-1873) : considéré comme le « dernier des classiques ».
Marx et la critique du capitalisme
Karl Marx (1818-1883), auteur du Capital (1867) et co-auteur du Manifeste du Parti communiste (1848). En la personne de Karl Marx, Smith trouvera un adversaire convaincu.
Concepts clés : plus-value, exploitation, baisse tendancielle du taux de profit, lutte des classes. À retenir : taux d’exploitation = plus-value / capital variable.
Les néoclassiques : la révolution marginaliste
La pensée néoclassique, caractérisée par son approche marginaliste (c’est-à-dire à la marge), a pour but de faire de l’économie une science au même titre que les autres, en établissant de fait des lois et des principes qui seraient des vérités de fait. Les différents auteurs de la pensée néoclassique ont donc notamment travaillé sur le fonctionnement des marchés, de la concurrence, du comportement du consommateur et du producteur ou encore de l’équilibre des marchés.
Trois écoles vers 1870-1874 :
- École de Lausanne : Léon Walras — équilibre général.
- École de Vienne : Carl Menger — utilité marginale subjective.
- École de Cambridge : Stanley Jevons, Alfred Marshall — offre/demande, surplus.
Approfondis cette partie avec notre fiche dédiée aux théories économiques libérales. Le formalisme mathématique des néoclassiques (dérivées, optimisation) suppose aussi de bien maîtriser les maths appliquées à l’économie.
Keynes et la révolution de 1936
John Maynard Keynes (1883-1946). Œuvre majeure : Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936).
Les méthodes de Keynes qui s’appuient sur l’étude des agrégats économiques (entreprises, ménages, État…) et se distinguent de l’étude néoclassique des comportements individualistes, fondent la macroéconomie. Concepts à retenir : demande effective, multiplicateur d’investissement (k = 1/(1-c)), préférence pour la liquidité, chômage involontaire.
Les prolongements contemporains
- Synthèse néoclassique : Hicks et Hansen, avec le modèle IS/LM, proposent un modèle qui montre comment combiner la politique monétaire et la politique budgétaire dans le policy mix.
- Courbe de Phillips : Samuelson et Lipsey reprennent une observation empirique de Phillips pour montrer que la politique monétaire a un arbitrage fondamental à faire entre l’inflation et le chômage.
- Monétarisme : Milton Friedman, école de Chicago. « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire. »
- Courbe de Laffer : la fiscalité a un effet désincitatif. Au-delà d’un certain niveau de prélèvements obligatoires, la fiscalité fait paradoxalement baisser les recettes fiscales. C’est lui qui est à l’origine de la courbe de Laffer, qui découle de l’idée selon laquelle « Trop d’impôt tue l’impôt ».
- Schumpeter : auteur n’appartenant ni aux Néoclassiques, ni aux Keynésiens, ni aux Marxistes dont l’analyse est centrée autour du rôle de l’innovation dans le capitalisme. L’innovation a un rôle important dans ce système évolutionniste qu’est le capitalisme. Destruction créatrice, grappes d’innovations.
Tableau de synthèse : les 6 courants à maîtriser
| Courant | Période | Auteurs clés | Idée force |
|---|---|---|---|
| Mercantilisme | XVIe-XVIIIe | Colbert, Mun | Or = richesse |
| Physiocratie | 1758-1780 | Quesnay | Agriculture productive |
| Classiques | 1776-1870 | Smith, Ricardo, Say | Marché autorégulé |
| Marxisme | 1848- | Marx | Exploitation, plus-value |
| Néoclassiques | 1870-1930 | Walras, Marshall | Utilité marginale |
| Keynésianisme | 1936- | Keynes, Hicks | État régulateur |
Méthode : réussir ton partiel
Trois conseils pragmatiques pour décrocher ta mention :
- 🎯 Mémorise 2 citations par auteur. Une bonne citation bien placée vaut 1 à 2 points bonus.
- 📅 Retiens les dates d’œuvres majeures : 1776 (Smith), 1848 (Marx/Engels), 1867 (Le Capital), 1936 (Keynes).
- 🔗 Fais des fiches par courant, pas par auteur. Tu gagnes en vision d’ensemble. Notre guide pour faire des fiches en éco-gestion te donne la méthode.
- 📖 Lis un ouvrage de synthèse : Heilbroner, Les grands économistes, reste une référence incontournable.
Pour élargir ta culture réglementaire et comprendre comment les théories se traduisent en droit, consulte Légifrance sur les textes économiques, et le BOFiP pour la doctrine fiscale qui applique concrètement les idées de Laffer ou de Keynes.
Besoin d’aller plus loin sur la méthode ? Jette un œil à notre article réussir la fac d’économie avec des fiches efficaces.
FAQ
Combien d’auteurs faut-il retenir pour le partiel ?
Vise 15 à 20 auteurs maîtrisés à fond : les 6-8 majeurs (Smith, Ricardo, Marx, Walras, Keynes, Friedman, Schumpeter) plus une dizaine de secondaires. Mieux vaut peu mais bien.
Quel manuel choisir en L1 ?
Trois références solides : Jean-Marc Daniel, Histoire vivante de la pensée économique, Pearson, 2ème éd., 2014, Heilbroner (Les grands économistes) et Deleplace (Maxi Fiches, Dunod).
Faut-il connaître Aristote et Ibn Khaldûn ?
Oui, au moins en intro. Ils montrent que l’économie ne naît pas avec Smith. Une accroche sur Aristote ou Ibn Khaldûn impressionne toujours le correcteur.
Comment distinguer classiques et néoclassiques ?
Les classiques raisonnent en valeur-travail (coût de production). Les néoclassiques raisonnent en utilité marginale (préférence du consommateur). Rupture épistémologique majeure de 1870.
Keynes est-il encore d’actualité ?
Totalement. Les plans de relance post-Covid et les politiques budgétaires actuelles s’appuient sur son cadre théorique. Un bon sujet de dissertation en fin de semestre.
