CMPC au DSCG : calcul du WACC et exemple corrigé

COURS DSCG · UE 2

Le coût moyen pondéré du capital, ou CMPC, répond à une question : quelle rentabilité les apporteurs de capitaux attendent-ils, ensemble, de l’entreprise ? En DSCG UE 2, il sert notamment à choisir un taux d’actualisation cohérent avec les flux étudiés.

1. Comprendre la formule du CMPC

CMPC = Ke × E / (E + D) + Kd × (1 − T) × D / (E + D)

E représente la valeur de marché des capitaux propres et D celle de la dette financière. Ke est le rendement exigé par les actionnaires, Kd le coût de la dette avant impôt et T le taux d’impôt retenu dans le cas. Les pondérations doivent totaliser 100 %. La formule suppose que l’économie d’impôt sur les intérêts est effectivement utilisable.

Ne confonds pas coût des capitaux propres et dividende versé. Un actionnaire attend une rémunération pour le risque supporté, même si l’entreprise conserve son résultat. Une dette moins chère ne rend pas non plus l’endettement illimité : le risque financier augmente avec le levier.

2. Estimer Ke avec le MEDAF

Ke = taux sans risque + bêta des capitaux propres × prime de risque du marché

Le bêta mesure la sensibilité au risque de marché. Avec un taux sans risque de 3 %, une prime de risque de 5 % et un bêta de 1,2, le rendement exigé est de 9 %. La prime est déjà un supplément au taux sans risque : inutile de lui soustraire une seconde fois ce taux.

3. Cas pratique corrigé

La société fictive Azur vaut 6 millions d’euros en capitaux propres et porte 4 millions de dette financière. Son coût de dette est de 5 %. L’énoncé retient, à titre d’hypothèse, un impôt de 25 % et les paramètres du MEDAF ci-dessus.

ÉtapeCalculRésultat
Coût des fonds propres3 % + 1,2 × 5 %9 %
Dette après impôt5 % × 75 %3,75 %
Poids des fonds propres6 / 1060 %
CMPC9 % × 60 % + 3,75 % × 40 %6,90 %

La conclusion attendue ne s’arrête pas au chiffre : 6,90 % représente ici le coût global du financement, sous les hypothèses du cas. Ce n’est ni un taux garanti ni un rendement comptable observé.

4. Quand utiliser ce taux ?

Le CMPC peut actualiser des flux disponibles pour l’ensemble des financeurs lorsque le risque d’exploitation du projet et sa structure de financement sont compatibles avec ceux retenus pour le taux. Pour des flux destinés aux seuls actionnaires, on utilise un coût des capitaux propres cohérent. Un projet très différent de l’activité habituelle appelle une analyse spécifique du risque.

5. Les erreurs classiques

  • Pondérer avec les valeurs comptables alors que le sujet fournit des valeurs de marché.
  • Ajouter les intérêts aux flux puis tenir compte une nouvelle fois de leur coût dans l’actualisation.
  • Appliquer la réduction fiscale deux fois au coût de la dette.
  • Arrondir chaque étape trop tôt : garde plusieurs décimales avant le résultat final.

À toi de jouer

Avec 70 % de capitaux propres coûtant 10 % et 30 % de dette coûtant 4 % avant un impôt hypothétique de 25 %, quel est le CMPC ?

Voir la correction

10 % × 70 % + 4 % × 75 % × 30 % = 7,90 %. Vérifie d’abord les pondérations, puis applique l’impôt uniquement au coût de la dette.

Pour approfondir : ACCA — coût du capital et MEDAF.

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