Vous maîtrisez Excel sur le bout des doigts, votre DCF est parfaitement équilibré, et votre lettre de motivation a fait mouche. Félicitations, vous êtes arrivé(e) à l’étape la plus redoutée (et souvent sous-estimée) : l’entretien Fit (comportemental).
Si l’angoisse monte à l’idée de parler de vous, c’est compréhensible.
En M&A, l’intention derrière l’entretien de motivation n’est pas de vous évaluer sur vos compétences techniques, mais de répondre à une question viscérale pour le recruteur : « Ai-je envie de travailler à côté de cette personne à 2h du matin sur un pitchbook qui doit être rendu à 8h ? »
Voici comment structurer vos réponses, déjouer les questions pièges et prouver que vous avez l’étoffe d’un(e) banquier d’affaires.
⭐ L’Arme Secrète : La Méthode STAR
Pour éviter de vous éparpiller ou de raconter votre vie de manière désordonnée, les banquiers attendent des réponses structurées. La méthode STAR est votre meilleur atout.
- S – Situation : Quel était le contexte ? (Restez bref : « Lors de mon stage en audit chez X… »)
- T – Task (Tâche) : Quel était votre rôle ou le défi à relever ? (« Je devais réconcilier 50 comptes en 48h. »)
- A – Action : Qu’avez-vous fait concrètement ? (« J’ai créé une macro Excel pour automatiser le tri… »)
- R – Résultat : Quel a été l’impact chiffré ou qualitatif ? (« J’ai terminé avec 5h d’avance et le manager a réutilisé mon outil. »)
Le secret : Les recruteurs écoutent surtout le « A » et le « R ». Ne passez pas 3 minutes sur le contexte.
Les 3 Questions Pièges Incontournables (et comment y répondre)
1. « Pourquoi le M&A et pas autre chose (PE, Conseil en Stratégie) ? »
- Le piège : Répondre « pour l’argent », « parce que c’est prestigieux », ou pire, « pour apprendre » (les banques ne sont pas des écoles gratuites).
- La bonne approche : Montrez que vous savez dans quoi vous vous engagez. Parlez de la courbe d’apprentissage exponentielle, de l’exposition directe aux problématiques des dirigeants (C-Level) dès le début de votre carrière, et de l’aspect très transactionnel et concret du métier par rapport au conseil.
2. « Parlez-moi d’une fois où vous avez échoué. »
- Le piège : Le faux défaut (« Je suis trop perfectionniste ») ou l’échec qui rejette la faute sur les autres.
- La bonne approche : Choisissez une vraie erreur, idéalement de début de parcours, où vous avez pris vos responsabilités. Appliquez la méthode STAR. L’important n’est pas l’erreur (un oubli dans une présentation, une mauvaise communication dans un travail de groupe), mais l’Action que vous avez mise en place pour la corriger et faire en sorte qu’elle ne se reproduise plus jamais (ex: mise en place d’une checklist de double vérification).
3. « Le rythme est intense. Comment savez-vous que vous pourrez tenir 80 à 100 heures par semaine ? »
- Le piège : Répondre simplement « Oui, pas de problème, j’aime travailler. » Cela sonne creux.
- La bonne approche : Prouvez-le par l’exemple (Back up your claims). Parlez d’un moment où vous avez dû mener de front plusieurs projets intenses : vos études, la préparation des entretiens, un job étudiant, un sport de haut niveau ou un engagement associatif lourd. Montrez que votre résilience est déjà testée et approuvée.

✈️ L’Ultime Critère : Le « Airport Test »
Gardez toujours ce concept en tête. Le « Test de l’Aéroport » est une question interne que les banquiers se posent à la fin de votre entretien :
« Si mon vol est retardé de 6 heures à l’aéroport de Francfort, aurais-je envie d’aller boire un café et discuter avec ce candidat, ou est-ce qu’il va m’insupporter au bout de 10 minutes ? »
Pour réussir ce test silencieux :
- Souriez et respirez : Ne soyez pas un robot qui récite ses fiches.
- Soyez intéressant(e) : Si on vous parle de vos loisirs en fin d’entretien, soyez passionné(e). Que vous fassiez de l’alpinisme, de la poterie ou que vous soyez fan d’échecs, ayez des choses à raconter en dehors de la finance.
- Miroir (Mirroring) : Adaptez-vous à l’énergie de votre interlocuteur. Si le Managing Director est très formel, restez carré. S’il est plus détendu et fait de l’humour, détendez-vous (tout en restant professionnel).
